Le Praxinoscope

Le Praxinoscope fut la première invention d’un génie et précurseur du cinéma d’animation : Émile Reynaud. Breveté en 1877, il s’agissait d’un jouet optique donnant l’illusion du mouvement. Ce jouet obtiendra une « mention honorable » à l’Exposition universelle de Paris en 1878.

Le praxinoscope reprend le principe du Zootrope amovible.

Émile Reynaud y ajoute à l’intérieur du tambour, tournant sur le même axe, un cylindre à facettes sur lequel sont disposés 12 petits miroirs reflétant chacun un dessin. Une source de lumière, autrefois un bougeoir et son abat-jour, aujourd’hui une lampe au besoin, placée sur la partie supérieure de l’axe, agrémente l’objet et permettent de voir l’animation en situation de faible lumière naturelle.

Avec le système de cylindre de miroirs, le spectateur ne visionne qu’un dessin à la fois : celui qui se reflète dans le petit miroir qu’il a en face de lui. Avec la rotation du tambour, les images se substituent les unes aux autres sans obturation, ce qui permet d’une part, une meilleure visibilité des dessins représentés (contrairement aux jouets optiques à fentes comme le Zootrope et le Phénakistiscope) et d’autre part, de visionner le mouvement à plusieurs… N’est-ce pas là déjà un peu le cinéma !

Mais Emile Reynaud ne s’est pas arrêté là…. Il a continué de développer son Praxinoscope, qu’il a décliné en Praxinoscope Théâtre en ajoutant un décor puis en Praxinoscope à projection (projection sur un écran). Mais ces machines ne reproduisent encore qu’un mouvement cyclique, limité à 12 images, alors qu’Émile Reynaud souhaitait raconter une histoire, projetée sur un écran, devant un public nombreux.

En 1888, il met au point son Théâtre optique avec lequel il propose au public du musée Grévin de véritables petits dessins animés, alors appelés Pantomimes lumineuses, le 28 octobre 1892. Jusqu’en mars 1900, plus de 500 000 personnes assistent à ces projections. Le dessin animé était né. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle chaque année la fête du cinéma d’animation est célébrée ce jour-là.

Après l’arrivée du Cinématographe des frères Lumière en 1895, la fin des projections au musée Grévin et le déclin de son entreprise de fabrication de praxinoscopes, Émile Reynaud se lance dans la conception de sa dernière invention, le Stéréo-Cinéma (1907) mais sans parvenir à son objectif : la projection animée en relief. Il est alors contraint de renoncer à ses travaux, revend une partie de son matériel et détruit son Théâtre optique, avant de jeter dans la Seine une grande partie de ses pantomimes. Seules échappent à la noyade Pauvre Pierrot et Autour d’une cabine.

Victime d’une congestion pulmonaire, il entre à l’hospice des incurables d’Ivry-sur-Seine le 29 mars 1917. Il y reste jusqu’à son décès le 9 janvier 1918.

En savoir plus encore sur Emile Reynaud: Cliquez ici!

Atelier de fabrication vue par Ciclic…

Atelier : fabrication d’un praxinoscope miniature

Matériel nécessaire :
– un pot à confiture ou un verre (à facettes)
– des bandes de papier
– des crayons de couleur
– un plateau tournant

Il existe deux ateliers illustrés en ligne pour réaliser ce type de praxinoscope. Découvrez les dispositifs du ciné-confiture et du ciné-verre !

Variantes
La fabrication d’un « véritable » praxinoscope peut être compliquée. Vous pouvez choisir de créer un praxinoscope collectif et de demander aux enfants de dessiner les bandes animées.
. Suivez les consignes pour le modèle de construction avec un tourne-disque ou regardez la vidéo démonstrative qui présente une autre manière de créer ce jouet optique.

Astuce : il est possible de servir de miroirs adhésifs pour créer les facettes de votre praxinoscope et d’utiliser un plateau tournant comme support.

Le praxinoscope à projection constitue une évolution de l’objet. Pour projeter des images à partir d’un praxinoscope, il faut faire chaque dessin sur un support transparent, comme sur de la pellicule. On envoie un faisceau lumineux à travers l’image transparente qui se reflète ensuite sur le miroir. Là, le faisceau de lumière est récupéré par un objectif de projecteur de diapositive qui l’envoie sur un écran.

Voir le jour

Avant première pour la réouverture du Cinéma VEO Castelnaudary

LUNDI 22 JUIN à 20h30

« Voir le jour » nous propose une immersion « en maternité ».  Et c’est un homme qui vous parle…

Un groupe de sages-femmes et d’auxiliaires, toutes sous tension et aussi impressionnantes et crédibles les unes que les autres, de Sandrine Bonnaire à Brigitte Roüan en passant par Aure Atika, s’activent au quotidien. Les gardes de jour comme de nuit se succèdent, la fatigue, les manques de moyens et d’effectifs pèsent. Elles courent après le temps pour ne pas être dépassées par la pression et le flux incessant de femmes qu’elles accompagnent dans leurs premiers pas de mères, de ces nourrissons qu’elles accueillent dans leurs premières heures de vie…

Elles savent pourtant aussi et surtout sourire et rire, elles renouvellent chaque fois le plaisir à aider à «Voir le jour», toujours pleines d’attention pour ces bébés et leurs jeunes mères.

Mais courage et dévotion n’excluent pas un drame qui peut survenir à chaque instant, une erreur, un accident, précipitant une accélération du temps, mais cette fois-ci avec l’angoisse, le stress, la culpabilité, la défiance et la pression permanente de l’institution, jusqu’à ce qui est certainement le plus redouté : l’accusation. Nous ne divulgâchons rien, ce drame aura lieu au début du film…

Ces femmes aident à donner la vie, mais elles ont aussi la leur et ce n’est pas toujours facile, avec ce que l’on devine comme failles, faiblesses, manques, et histoires.

Jeanne (Sandrine Bonnaire) est justement à un moment clé de sa vie. Zoé, sa fille de 18 ans qu’elle élève seule, part étudier à Paris. Le passé de Jeanne resurgit soudain, la poussant à affirmer ses choix de vie, à dompter ses démons, à se reconstruire, à retrouver un sens à sa vie, à laisser remonter le passé pour reprendre des forces pour le futur.

«Voir le jour, c’est certes le bébé qui voit le jour, mais c’est aussi la femme qui devient mère. Tout en restant femme, nous devenons autre chose, nous nous transformons. Avec comme pendant à ce questionnement : qu’est-ce qu’on devient quand cet enfant qui a fait de nous une mère s’en va ? Jeanne, c’est une mère qui doit redevenir femme quand son métier est d’aider des femmes à devenir mère. Marion Laine

Louis Feuillade à Carcassonne

En février 1908, Louis Feuillade, trente-cinq ans, réalisateur, répondant à l’invitation du Syndicat d’initiative local. Chef des services du Théâtre il se rend à la Cité de Carcassonne (Aude) avec sa troupe de « crabes » et de techniciens. Il y réalisera, en plein air et en costumes, une série de trois bandes relevant du genre historique et situées au Moyen-Âge : « Le Retour du croisé », « La Guitare enchantée » et « Serment de fiançailles ».

Si Carcassonne est choisie ce n’est en aucun cas le fruit du hasard. Feuillade connaît bien la ville. C’est en effet au Petit séminaire de Carcassonne qu’il a mené à bien, dans les années 1880, ses études secondaires, alors que la cité médiévale est en pleine restauration, d’abord engagée par Vilolet Le Duc, puis don disciple Paul Boeswillwald. Louis Feuillade est passionné d’histoire, et il s’illustre très tôt dans ce genre cinématographique encore embryonnaire.

Deux mois après le premier séjour, Feuillade revient dans la Cité pour présenter aux Carcassonnais ses trois films et profite de l’occasion pour en tourner un quatrième, intitulé le Remords.

Ce qui s’est passé ici dans notre département illustre à cette époque deux évolutions majeures dans la fabrication et la médiatisation des productions cinématographiques des techniques et des métiers du cinéma :  le développement des tournages en décors naturels en province. Ensuite, la réflexion sur les stratégies de communication dans l’industrie du cinéma. Le cas de Carcassonne en offre deux, différentes et complémentaires : l’usage de la carte postale comme premier support visuel destiné à promouvoir les nouveautés cinématographiques, prémices des produits dérivés ; l’utilisation, par les collectivités territoriales, du cinéma comme outil de valorisation de leur patrimoine, encore aujourd’hui nécessaire au développement de projets cinématographiques.

Découvrir plus encore sur ces premiers pas de la cité de Carcassonne en tant que comédienne Cliquez Ici

Le Folioscpope

Folioscope, feuilletoscope, Kinéographe… Ces petites illusions d’optique ont autant de noms que de brevets déposés autour du concept, en vogue entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, parallèlement au développement du cinématographe. Aujourd’hui mieux connus sous le nom de flip books, ces petits livres permettant de donner vie à un dessin ont annoncé les débuts de l’animation. Le folioscope (ou flip-book) est sans nul doute l’objet du pré-cinéma le plus connu du grand public. Ce livre animé, qui décompose le mouvement, permet de comprendre simplement les principes de base du cinéma. 

Le procédé est plus que simple, mais ingénieux : quelques dessins ou photographies suivent le déroulement d’une action, et la persistance rétinienne fait le reste. En faisant défiler rapidement les pages d’un petit livre, le quidam de la fin du XIXe siècle pouvait assister aux prémices du cinéma, après l’achat d’un folioscope.

Le premier exemple de ce genre éditorial apparaît au Royaume-Uni, revendiqué par John Barnes Linnett en 1868, sous le nom de Kinéographe. À sa mort, le brevet sera revendu à un Américain qui le baptisera Flip Book. En Allemagne il s’appelle daumenkino. En France, c’est le fabricant de jouets Charles Auguste Watilliaux qui s’empare le premier de cette technologie, en 1896.

Entre la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe, ces petits livres (aussi nommés Movie pictures) deviennent les vecteurs de tout ce que va porter le cinéma et la télévision, des années plus tard. Événements historiques ou sportifs, publicité, sketchs, westerns, cartoons…

L’arrivée du cinéma ne coupera pas immédiatement le marché : des adaptations de dessins animés sont publiées sous cette forme, et des scènes de certains films, comme Le Champion de Charlie Chaplin, reprises dans un format relié.

Mais ce qui fait le charme de ce jouet, c’est que sa fabrication est à la portée de chacun.

Atelier pour les plus petits : fabrication d’un feuilloscope

Matériel nécessaire :
– une feuille de papier
– des crayons de couleur

On peut débuter avec la création d’un feuilloscope, sorte de folioscope simplifié. Il s’agit d’une simple bande de papier qui propose deux étapes d’un mouvement.
Réalisation : prendre une bande de papier et la plier en deux. Faire un dessin simple sur la partie intérieure. Replier la feuille sur le dessin et faire un autre dessin différent. Enrouler la feuille du dessus autour d’un crayon et faire glisser le dessin 2 sur le dessin 1.

Exemples de dessins qui fonctionnent bien :
Un oiseau les ailes en haut / un oiseau les ailes en bas.
Un visage qui sourit / un visage qui pleure.
Un footballeur devant la balle / un footballeur qui tape la balle.

C’est le même principe que pour le phénakistiscope : les images se distinguent l’une de l’autre, grâce au passage d’une feuille à l’autre qui fait office d’obturation. La complémentarité des deux images montrées très vite permet au cerveau d’inventer un mouvement qui n’existe pas. Ce phénomène s’appelle l’effet phi. Cette illusion de mouvement est au cœur même du cinéma.

ATELIER  : FABRICATION D’UN FOLIOSCOPE

Matériel nécessaire
– des crayons de couleur
– des feuilles de papier ou des post-it
– des ciseaux, une agrafeuse ou une pince à dessin

Commencer par créer le support (un petit carnet par exemple). Déterminer le nombre de pages nécessaires (cela dépend de votre histoire, de votre séquence).
Pour fabriquer un folioscope, il faut commencer par la dernière page.
Dessiner une étape du mouvement sur chacune des pages en remontant jusqu’à la première. On peut suivre pas à pas l’évolution de son dessin en s’aidant de la transparence de la feuille qui le recouvre.

En ligne, on retrouve plusieurs tutoriels qui expliquent la fabrication de a à z.

On peut apprendre à le concevoir sous forme de carnet ou à l’aide de l’ordinateur : atelier en ligne.

Astuces : si l’on veut fabriquer un petit carnet, il faut que le papier soit à la fois épais et souple (papier bristol). Un papier trop fin défile mal, un papier trop épais n’est pas assez souple.
On peut aussi coller de petites feuilles de papier ordinaire sur un simple carnet, cela donnera aux feuilles la rigidité et la souplesse nécessaire.

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Pour relier les feuilles, utilisez ce type de pince… C’est juste parfait!

Variantes
Réaliser un folioscope peut aussi se faire à partir d’un livre abandonné : on ne peut dessiner bien sûr que sur les coins de pages (là où il n’y a aucun caractère).
On peut utiliser des photographies (ou photogrammes) successives et classées par ordre chronologique pour illustrer la décomposition d’une scène.

Si vous ne voulez pas dessiner, vous pouvez également télécharger des modèles à reconstituer.

Le logiciel spécialisé Flipbook Printer permet de créer et de customiser son folioscope.

Le Zootrope

Encore un nom barbare, mais pour un jouet qui fut LE jouet en vogue dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

Le zootrope est le perfectionnement du phénakistiscope puisqu’il s’appuie sur le même principe visuel qui donne l’illusion du mouvement. L’amélioration apporté par le tambour du zootrope permet d’observer la scène animée à plusieurs, annonçant en modèle réduit l’expérience de la séance de cinéma. Il préfigure également la pellicule de cinéma.

Le zootrope a été inventé simultanément par l’Anglais William George Horner (1786-1837) à Londres et l’Autrichien Stampfer à Viennes en 1834.

Le principe est le suivant : sur une longue bande de papier sont imprimées les différentes phases d’un mouvement. On place la bande à l’intérieur d’un tambour ayant autant de fenêtres qu’il y a d’images sur la bande. En faisant tourner celui-ci, on peut observer une analyse complète du mouvement. L’œil perçoit la première image à travers une fente du tambour, puis le noir, ensuite la deuxième image et, de nouveau, le noir et ainsi de suite. C’est ainsi que l’illusion du mouvement est créée.

Le zootrope n’est pas qu’un simple « jouet » optique, il fait partie intégrante de la période dite du « pré-cinéma » et de la création du cinématographe, ce dernier étant considéré comme un aboutissement.

Atelier : fabrication d’un zootrope

Matériel nécessaire :
– les bandes de zootrope, à télécharger (imprimer en format paysage et en A3)
– de la colle ou du scotch
– une paire de ciseaux, un cutter
– des crayons de couleur, feutres
– une boîte de camembert
– un bouchon de liège, coupé en deux
– un pic à brochette en bois

Pour réussir un zootrope :
– chaque dessin doit changer petit à petit,
– chaque dessin doit être placé à égale distance des fentes percées,
– la dernière image dessinée doit s’enchaîner avec la première qui a été faite.

Étape 1 : le support
Percer la boîte de camembert en son centre. Fixer le premier morceau de bouchon à 2 cm de l’extrémité du pic en bois. Faites passer le pic en bois en travers de la boîte et utiliser le second morceau de bouchon pour refermer le pic.
Veiller à ne pas trop enfoncer les deux morceaux de bouchon afin que la boîte puisse tourner sur elle-même.

Étape 2 : la bande obturatrice
Imprimer la bande noire obturatrice. Évider chacune des fentes à l’aide d’un cutter ou de ciseaux pointus. Colorier en noir le verso, cela aidera le regard à se porter uniquement sur l’animation lorsque le zootrope sera constitué.
Coller la bande noire à l’intérieur de la boîte, en faisant dépasser les interstices.

Étape 3 : la bande dessinée
Imprimer la bande blanche. Dessiner une phase d’un mouvement sur chaque case de la bande blanche. Laissez libre court à votre imagination. On peut également utiliser des photos comme séquence.
Insérez votre bande d’images à l’intérieur du zootrope (vous pouvez la fixer avec un morceau de scotch). Il ne vous reste plus qu’à faire tourner la boîte en regardant à travers les fentes pour voir l’animation se créer.

Vous pouvez télécharger directement des bandes de dessins imprimés.

Au début ou à l’issue de l’atelier, on peut présenter des morceaux de pellicule. Leur observation permet de constater qu’il s’agit – comme pour les bandes de zootrope – d’une suite d’images fixes.

Variantes
Il est possible de réaliser un zootrope plus grand et collectif pour l’ensemble du groupe de participants. On peut utiliser un vieux tourne-disque par exemple. Il faudra créer des bandes et un cylindre noir en papier cartonné de longueur égale à la circonférence du disque vinyle qui servira de base.

La particularité du zootrope est qu’il permet de mettre à l’intérieur du tambour, non plus seulement des images mais aussi des objets ou des formes en trois dimensions, comme des pantins articulées, ou de la pâte à modeler. Si l’on dispose autant d’objets qu’il y a de fentes et que ces objets changent à chaque fois, on peut voir des formes bouger, en relief !

Atelier Ciclic

Departure

 « Departure »

de Andrew Steggall

Film tourné à Cenne-Monestiés

Andrew Steggall, cennois de cœur, est un  le réalisateur qui, de temps à autre, quitte le fog londonien pour venir se réfugier sur les rives du Lampy, dans son moulin «Le Foulon» sur la commune de Cenne-Monestiés. L’endroit l’inspire, il a écrit les scenarii de 4 courts-métrages déjà primés à travers le monde, mais  également auteur le scénario de «Departure», inspiré directement de sa vie personnelle : Beatrice et son fils passent une semaine dans une maison de vacances, dans un coin isolé du sud de la France. Le jeune Elliot fait la connaissance de Clément, un adolescent mystérieux, qui poussera peu à peu Elliot et sa mère à affronter leurs désirs. Pour chacun, c’est un changement profond qui se profile.

En novembre 2014, le tournage a mis le village de Cenne-Monestiés en effervescence. Bon nombre de ses habitants faisait partie des acteurs locaux aux côtés de Juliet Stevenson, Alex Lawther, Phénix Brossard et Patrick Juiff. Pendant près de 5 semaines, ce petit village et ses alentours ont vécu au rythme d’un tournage mobilisant une quarantaines de techniciens, régisseurs, producteurs et autres métiers du cinéma.

De l’aveu même du réalisateur, le décor est fort inspirant. Il y a, dans ce petit coin de début de Montagne Noire, comme une sensualité palpable, propice à l’évocation d’une histoire poétique ou se mêlent à la fois amour et souffrance, définition même de la passion…Tout en délicatesse avec finesse et subtilité la caméra transcende un paysage grandiose absolument  remarquable pour la faire devenir écrin d’une histoire intime et sensible.

La quasi-totalité du film a été tourné dans ce village à l’exception prés d’une scène à l’aéroport de Carcassonne et une autre dans le village de Lagrasse.

Le film a reçu cinq distinctions aux festivals de Dinard, Dublin, Londres, Cabourg et un prix d’interprétation masculine pour Alex Lawther qualifié de «Star of tomorrow» et a été diffusé sur la commune de Cenne-Monestiés et à Castelnaudary au festival Cinéma d’Automne en avant-première.

Et tout ça s’est passé tout prés de chez nous !

Les Ateliers du regard

Le Thaumatrope

Pour inventer le cinéma, il a été tout d’abord été nécessaire de créer des images en mouvement, des images qui bougent comme aiment à dire les enfants. Et c’est avant toute chose reconnaissons que c’est la science qui, au cours du XIXe siècle, va rendre cela possible et imaginable. Notamment les recherches en optique, qui repensées et re-exploitées vont favoriser la fabrication de jouets aux noms étranges et insolites. Le premier, qui d’entre eux sera le thaumatrope.

Le thaumatrope est un jouet basé sur un principe visuel qui se nomme la « persistance rétinienne ». Notre œil « imprime » une image fixe déjà vue et la superpose avec une image fixe vue immédiatement après : notre cerveau mélange les deux images et finalement en raison de la vitesse de la rotation, il n’en perçoit, qu’une seule.

Le Thaumatrope (du grec thauma, prodige et tropion, tourner) est un un jouet basé sur un principe visuel qui se nomme la « persistance rétinienne ». Il s’agit d’un disque illustré sur ses deux faces et où sont accrochées de petites ficelles sur deux bords opposés, où encore autour d’un simple bâton. En faisant tourner entre le pouce et l’index ces ficelles ou le bâton, le disque suit le mouvement et les deux dessins se confondent. Notre œil « imprime » une image fixe déjà vue et la superpose avec une image fixe vue immédiatement après : notre esprit mélange les deux images, il n’en perçoit qu’une seule.

 Inventé vers 1820-1825 par un astronome, Jonh Hershel, sa paternité est attribuée la plupart du temps au docteur John Ayrton Paris qui l’a commercialisé.

Bon il est temps de passer  à l’action et d’en fabriquer un, deux, trois… autant que l’on veut c’est très facile. Voici la méthode proposée par le le site « Ciclic »

Atelier : fabrication d’un thaumatrope

Matériel nécessaire :
– du papier cartonné
– un compas ou un objet circulaire
– une paire de ciseaux, de la colle
– des crayons de couleu, feutres
– une perforatrice
– de la ficelle ou des élastiques ou une brochette en bois

Pour réaliser un thaumatrope, on commence par tracer et découper deux disques de même dimension (10 cm de diamètre environ) dans du papier cartonné, à l’aide d’un compas ou d’un objet circulaire dont on suit les contours.
On dessine une partie du dessin sur le premier disque et l’autre partie sur le second. Il s’agit ensuite de coller le premier dessin contre le second en recto-verso : l’un à l’endroit, l’autre à l’envers (attention, c’est très important!). Afin de fixer les morceaux de ficelle ou les élastiques, on perce ou perfore le disque cartonné à chaque extrémité. On peut aussi coller les deux disques autour d’une brochette de bois que l’on fera pivoter rapidement du bout des doigts.
Plus rare mais possible, on peut choisir de faire un thaumatrope de forme carrée ou rectangulaire.

Activité 1 – l’image-complémentaire
Sur une face du disque on fait figurer la moitié d’un dessin, sur l’autre face l’autre moitié.
Il peut être facile de deviner ce qui complète le premier dessin, car chaque image en impose souvent une seconde : un corbeau qui tient un fromage dans son bec, un aquarium, une cage… Que peut-on bien trouver derrière ? Un renard, un poisson, un oiseau…
C’est en tournant que l’image devient complète, et quelque fois, c’est la surprise quand même!

Activité 2 – l’image-surprise
L’image peut aussi provoquer la surprise. On peut faire apparaître dans une cage un poisson, un renard dans un aquarium ou un oiseau devant le corbeau !
Demander aux participants de laisser libre court à leur imagination. Un thaumatrope peut associer deux images complètement décalées et créer quelque chose d’unique, d’irréel, de véritablement surréaliste.
On peut aussi associer deux personnages tout à fait opposés (Napoléon et Harry Potter). Proposer à un enfant de dessiner un personnage sur la droite d’un disque et à un autre enfant de dessiner sur la gauche d’un autre disque un personnage très différent. Assembler les deux disques pour créer un thaumatrope, faites-le tourner : la rotation fait se rencontrer les deux personnages

Activité 3 – l’image-mystère
Sur la face d’un disque on fait figurer la moitié d’un mot (ou d’une phrase courte) ; sur l’autre face l’autre moitié. On peut demander aux participants d’écrire la moitié de leur prénom sur une face du disque et l’autre partie au dos. Comme les messages codés, le thaumatrope, une fois mis en rotation, peut relever un mot mystère, une phrase secrète…

Et on peut même essayer de créer du mouvement… La preuve

Les oubliés du cinéma burlesque

 
Le 9 avril dernier, j’avais rappelé à la mémoire de beaucoup que les premiers comiques du cinéma muet furent français ! Max Linder, est certainement le plus connu, si l’on passe sous silence les anonymes qui jouèrent les petites scénettes de frères Lumières telle la fort connue  « Arroseur arrosé » mais bien d’autres encore…
Mais je voudrais aujourd’hui permettre de réparer encore une injustice en vous proposant de découvrir trois grands de ce cinéma du début du siècle dernier qui ont rivalisé d’ingéniosité pour se faire une place dans le monde du cinéma, chacun, à la manière de Chaplin, Keaton et LLoyd, en incarnant à l’écran des personnages singuliers avec leurs caractéristiques propres et innovantes: Fatty, Chaley Chases et  Harry Langdon. Soyez curieux, étonnez vous et venez (Re)dévouvrir ces monuments injustement oubliés…

Découvrir Fatty : Cliquez ici

D’une forte corpulence, le jeune Roscoe Arbuckle se voit affublé du surnom de Fatty (le gros). Après des débuts précoces dans le théâtre forain, il intègre en 1913 la compagnie Keystone et devient une vedette très populaire. Ses proportions hors norme, sa bouille de bébé et son agilité invitent au burlesque et servent parfaitement l’univers de Mack Sennett, puéril et abrupt. Arbuckle passe rapidement derrière la caméra tout en restant acteur, comme beaucoup de cinéastes burlesques. Fatty boucher, le premier film qu’il réalise pour la Comique Film Corporation, illustre son aptitude à partir dans toutes les directions ouvertes par l’improvisation, très pratiquée sur les tournages comiques de l’époque. Buster Keaton y fait sa première apparition à l’écran : il apprendra beaucoup d’Arbuckle. Ce dernier, Keaton et Al St. John formeront le trio infernal de la série des Fatty. En 1921, Arbuckle fait l’objet d’un procès à scandale : malgré son acquittement, sa carrière ne s’en remettra pas.

Découvrir Charley Chase : Cliquez ici

En 1924, l’acteur-réalisateur Charley Chase commence une nouvelle carrière d’interprète comique en collaborant avec Leo McCarey, futur auteur des meilleurs films avec Laurel et Hardy, et de La Soupe au canard avec les Marx Brothers. Dans le sillage de Max Linder, McCarey et Chase posent les bases de la comédie classique (dont McCarey deviendra l’un des maîtres, avec Ernst Lubitsch) en faisant glisser le burlesque vers un vaudeville très raffiné. Chase campe un personnage de gentleman à l’air à la fois malicieux et éberlué, sans cesse pris dans des jeux de dupe et de cache-cache amoureux. S’appuyant sur une parfaite maîtrise du cadre et du hors-champ, ce burlesque de situation se niche dans les apparences, toujours trompeuses, comme dans À visage découvert (Mighty Like a Moose, 1926) où un mari et sa femme, après avoir chacun de son côté eu recours à la chirurgie esthétique, ne se reconnaissent pas et croient être infidèles en (re)tombant amoureux l’un de l’autre.

Découvrir Harry Langdon : Cliquez ici

L’image de Harry Langdon, dans la scène finale de Plein les bottes, assis dans un berceau déguisé en bébé résume bien son personnage. De tous les acteurs burlesques, Langdon est sans doute celui qui incarne le plus la figure de l’homme-enfant, qui traverse le genre. Face à son corps frêle, son air ahuri et son sourire gêné de petit garçon, il est difficile de l’imaginer se remettre du moindre choc. Sa puissance comique vient de l’étonnement produit par sa résistance aux épreuves alors que tout chez lui semble appeler la soumission et l’échec (contrairement à Keaton, toujours vaillant face aux intempéries). Le visage de clown triste de Langdon devient célèbre en 1924, lorsque l’artiste de music-hall, déjà âgé de quarante ans, croise le chemin de Mack Sennett. Sa courte carrière cinématographique sera marquée par sa collaboration avec un futur grand nom du cinéma, Frank Capra.

Textes : Amélie Dubois, critique de cinéma pour Ciclic, 2017.

Florence Miailhe

Aujourd’hui je tiens à évoquer le travail magnifique d’une grande dame…

Bien que née en 1956 à Paris, Florence Miailhe est fière de ses racines audoise. Elle revient régulièrement se ressourcer dans le village de ses parents, Cabrespine. En témoigne « Au premier dimanche d’août », tout droit inspiré de la fête du village de ses vacances et qui a obtenu notamment le César du meilleur court métrage 2002.

Les fidèles du festival « Cinéma d’Automne » on eu l’occasion de la rencontrer il y a 3 ans. Elle était venue nous parler de cinéma d’animation à la Médiathèque et aussi évoquer son prochain long métrage « La traversée », réalise au studio de la Ménagerie, et dont la sortie est programmée prochainement.

Découvrez aujourd’hui « 25, passage des oiseaux », un court métrage que Florence Miailhe a entièrement réalisé sur écran d’épingles. Une merveille absolue alliant technique et surtout poésie… 

L’animation dite d’écran d’épingles est un procédé permettant de faire de l’animation image par image à l’aide d’un écran percé de tubes très fins, dans lesquels sont insérées des épingles. A l’aide de divers outils, on enfonce les épingles qui, avec une lumière en biais, créent les formes désirées. Il en résulte des images un peu inquiétantes mais d’une grande force émotionnelle. Inutile de dire que pour exécuter un court-métrage d’une dizaine de minutes, ce sont des milliers d’heures de travail qui sont nécessaires pour arriver à ce résultat.

Les Shadoks

Ovni télévisuel, « Les Shadoks » ont passionné la France dès la fin des années 1960. Retour aujourd’hui sur un phénomène…. et décryptage indispensable!

La naissance des Shadoks

Les aventures des Shadoks, créatures imaginées par Jacques Rouxel, font irruption à la télévision française en avril 1968, avec leur graphisme simple et une voix off pleine d’emphase : celle du comédien Claude Piéplu. Elles ont donné lieu à deux cent huit épisodes et quatre saisons (trois de 1968 à 1973, puis une dernière en janvier 2000). Chaque épisode, de deux minutes trente, narre les péripéties fantaisistes de deux groupes antagonistes : les Shadoks et les Gibis.

Qui sont les Shadoks ?

Volatiles ronds hissés sur de longues pattes, les Shadoks sont bêtes et méchants. Leur langue se compose de quatre mots monosyllabiques (combinables) : Ga, Bu, Zo, Meu, et leur activité principale consiste à construire des machines absurdes. Et à pomper.

Ils habitent une planète aux formes changeantes, tant bien que mal occupée sur le dessus par les Shadoks dont les jambes vont vers le bas, et par le dessous par les Shadoks dont les jambes vont vers le haut. Certains tombent parfois dans le vide intergalactique. Leur objectif est de partir sur la Terre, ce qu’ils tentent de faire sans succès : leurs ailes sont trop petites pour voler, leurs inventions, ratées.

Parmi la population shadok, quatre personnages se détachent : le chef shadok ; le professeur Shadoko (barbu et instruit) ; le devin Plombier (sorte de sorcier chevelu et à cornes, très respecté) ; et le marin shadok (ancien pirate, poète et porté sur la boisson).

La reproduction des Shadoks est complexe. Alors qu’ils pondaient à l’origine des œufs classiques, ils ont dû opter pour des œufs en fer, car les coquilles se brisaient en tombant du haut de leurs longues pattes. Le problème des œufs en fer, c’est d’en perdre la clé. Lorsque c’est le cas, le parent (asexué) attend que l’œuf rouille pour que l’enfant puisse s’en extraire… mais avec un tel délai, les bébés sont déjà vieux à la naissance. 

Qui sont les Gibis ?

Contrairement aux Shadoks, dont ils ont pitié, les Gibis sont courts sur pattes, très gentils et intelligents. Plus précisément, ils portent des chapeaux melons qui les rendent intelligents (en cas de perte de cette coiffe, ils deviennent fous et stupides). Leur nom résonne d’ailleurs avec cet attribut si British : il découlerait de la prononciation anglaise du sigle G.B. (Great Britain).

Les Gibis vivent sur une planète plate, qui n’est pas plus aisée à habiter que celle des Shadoks, vu qu’elle penche lorsqu’ils ne sont pas bien répartis sur sa surface – avec ici aussi quelques pertes dans l’espace pour ceux qui tombent. Entre leurs deux planètes se trouve la Terre, convoitée par les deux communautés, mais défendue par son seul habitant, un insecte hostile appelé Gégène.

Les Gibis sont également des inventeurs de machines, mais beaucoup plus performantes que celles de leurs voisins.

La polémique

L’iconoclaste feuilleton d’animation n’a pas laissé les téléspectateurs des années 1960 indifférents, suscitant même l’une des premières grandes polémiques de la télévision nationale. En moins d’une semaine, la France se divisait entre shadokophiles, amusés par cette folie douce, et shadokophobes, choqués par une liberté de ton qui aura devancé de peu Mai 68.

Chaque camp inonde alors la chaîne de courriers. Le phénomène est tel que la télévision d’Etat propose à Jean Yanne une savoureuse émission quotidienne sur le sujet : « Les Français écrivent aux Shadoks ».

Le Monde  Emmanuelle Jardonnet 18 août 2016